François Donato

Sound Arts | Digital Arts

Parcours | Démarche

François Donato – 1963

Parcours

D’abord musicien autodidacte, il approfondit ses connaissances musicales à l’Université de Pau avec Marie-Françoise Lacaze, Guy Manneveau et Marie-Noëlle Moyal puis au Conservatoire de Gennevilliers avec Jean Schwarz et au Conservatoire National de Lyon avec Philippe Manoury où il s’initie également à la programmation sur différents langages dédiés à la création sonore (MaxMSP, Csound…)
Il intègre le Groupe de Recherches Musicales (Paris) en 1990 comme assistant musical et coordinateur de production. Il y développe un partenariat étroit avec les compositeurs en résidence, à l’interface entre création musicale et technologies. Il s’occupe également de la régie générale des concerts et manifestations du G.R.M. pour la saison régulière à Radio France comme pour les tournées en France et à l’étranger. Il participe régulièrement aux activités de recherches théoriques et technologiques.
En 2005 Il s’installe à Toulouse pour intégrer la compagnie de création musicale éOle où il exerce les fonctions de coordinateur de production jusqu’en novembre 2017.
De 2007 à 2012, il a également été intervenant sur les techniques du son et de l’interactivité à l’Université de Toulouse le Mirail , département Arts Plastiques Arts Appliqués. Ses travaux avec les étudiants l’ont poussé à intégrer des outils spécifiques de la programmation orientée multimédia : MaxMSP, Pure Data, Isadora, Arduino, Processing …
Il est à présent établit comme artiste indépendant et développe des projets en solo ou en collaboration avec d’autres artistes.
Son travail de création musicale est prioritairement consacré à la musique acousmatique et il a reçu des commandes du G.R.M., de Radio France, du DAAD de Berlin, du Ministère de la Culture, du Teatro Palermo, du festival Rien à Voir (Montréal), …
Boursier du DAAD et de l’Université Technique de Berlin en 1999/2000.
Dans ses pièces musicales, il développe une écriture du son basé sur l’organicité des matières sonores et la recherche de structures non symétriques articulées autour d’un point nodal de transformation. Il utilise tout types de sources sonores, de la synthèse numérique au field-recording et accorde une place privilégiée au geste dans la production musicale. Ceci l’amène à développer des outils personnels à partir de contrôleurs externes comme des tablettes graphiques, des capteurs infrarouges, des détecteurs de mouvement…
Parmi ses pièces acousmatiques, on peut citer : Triadis, mémoires de la Lumière (1988, premier prix de composition au Concours National d’Orléans), L’ange ébloui (1991, 2è prix au concours Luigi Russolo), le dyptique Annam (1993) et Annam Sarvam (1995), la pièce vocale En Nuestros Labios sur un poème d’amour de Francisco de Aldana (16è siècle espagnol), le triptyque consacré à la guitare électrique comme source sonore principale The lights of B. (2004), Struzz (2006) et Perles de cordes (2007) et la pièce « Origine (Mme D.) » d’après les notes de travail du docteur Alois Alzheimer.
Il a collaboré à plusieurs reprises avec la danse et le théâtre notamment avec la Compagnie Pal Frenak. la Compagnie Coda Norma (projets Une femme normale à en mourir sur un texte de Jan Fabre et Milla neits e una de mas d’après les contes des Mille et une Nuits en versions arable, persane et occitane) et la Compagnie Hypothèse Théâtre (poème Bureau de Tabac de Fernando Pessoa). Dans ce cadre il cherche à développer une présence du son liée aussi bien à l’incarnation du contexte narratif qu’à une interprétation plus autonome, plus musicale du champs signifiant .
Il travaille depuis 2011 avec le compositeur Hervé Birolini sur des performances musicales scénographiées où la technologie est autant un support de jeu musical qu’un sujet de réflexion : Arrays et Arrays Extension

En 2011, il conçoit et réalise la programmation de l’installation sonore interactive Traverses Sensorielles dans le cadre de la nouvelle muséographie du Musée du Saut du Tarn à Saint Juéry.
Il commence la même année une série de collaborations avec des artistes plasticiens pour la réalisation d’installations interactives et de performances multimédia.
Dans ce cadre, il développe simultanément un travail de création sonore et de programmation afin d’intégrer tous les médias utilisés : capteurs environnementaux, images, sons, lumières.
C’est le cas notamment de sa collaboration aux projets de la plasticienne Golnaz Behrouznia pour la production d’installations interactives (Lumina Fiction 1 et 2), de scénographie transmédia (Vanimentis), de performance audiovisuelle (ElectroAnima Experiment) et début 2019, la première étape du projet de paysages/sculptures multimedia Dissimilarium.

Son travail au sein du Collectif éOle l’a poussé à investir une grande diversité de situations artistiques (concerts, spectacle danse et théâtre, opéra, installations multimédia…) et à réfléchir sur les enjeux de la création sonore dans ces différents contextes. Il a collaboré étroitement aux créations du compositeur Pierre Jodlowski pendant plusieurs années tant dans le domaine du spectacle vivant que pour des installations audiovisuelles interactives.

Il a créé en juin 2017 l’installation sonore interactive Time Leaks 43°36’30 N / 1°26’40 E : il s’agit d’une commande du Centre Culturel Bellegarde de Toulouse dans le cadre de son 10è anniversaire. Cette pièce est la première d’une série d’installations dont le propos s’articule autour d’une réflexion sur la mémoire et l’émergence des couches temporelles dans notre vie quotidienne. Chaque installation est une création in-situ alimentée par des contenus propres au lieu de diffusion.
De Mai à Septembre 2017, il a mené, avec Noémie Lelay Mérillon, un atelier de création radiophonique au centre de détention de Muret das le cadre d’un projet Culture / Justice porté par le Studio Eole.
En janvier 2018, il crée à Paris, suite à une commande de l’Institut National de l’Audiovisuel / Groupe de Recherches Musicales, la pièce acousmatique multicanal We Fight dont la thématique porte sur la notion de confrontation, de combat contre les dérives de notre société techno-capitaliste.

Ses projets en cours développent encore davantage ce travail de collaboration avec notamment une nouvelle performance musicale avec Hervé Birolini centrée sur la figure de l’inventeur Nicola Tesla (création prévue en octobre 2020).
Il travaille également en 2019 à la réalisation d’une nouvelle installation de la série Time Leaks pour l’hôpital Larrey à Toulouse (création prévue en janvier 2020).
Sa rencontre en 2018 avec la comédienne Corinne Mariotto débouche sur la mise en place de deux projets de création commune :
Les Immersions – un dispositif immersif de lectures aumentées qui tisse un univers sonore autour de textes choisis dans le répertoire d’un.e auteur.e. Il s’agit d’une performance live avec écoute au casque pour une cinquantaine de personnes qui met en exergue un travail de spatialisation binaurale de la voix et des matières sonores. La création est prévue à Toulouse à l’automne 2020.
Passion simple – une adaptation scénique du livre éponyme d’Annie Ernaux pour une comédienne et un artiste sonore au plateau. Production en cours de développement pour une création prévue à l’automne 2021.



Démarche artistique -> Novembre 2019

Mon travail de création sonore se développe principalement au moyen des nouvelles technologies et de l’hybridation des démarches. Fortement marqué par la musique concrète à mes débuts (Triadis mémoire de la lumière 1988 ; Stare Libra Onis 1989), j’ai travaillé ensuite à l’approfondissement d’une écriture plus personnelle basée sur les relations organiques entre les matériaux sonores et une approche formelle privilégiant les évolutions par mutations ou ruptures d’équilibre (Apsara 1992 ; Annam 1993; Annam Sarvam 1995; Quatre allégories d’amour 1997). Intervenant aussi bien dans les contextes du concert acousmatique, de la création sonore pour le spectacle vivant (performance, danse, théâtre) ou dans le domaine des Arts Numériques (installations interactives, musique pour l’image), j’ai toujours cherché à construire des compositions sonores dont les matières et les évolutions sont physiquement en relation avec le contexte de création, qu’il s’agisse d’un concept, d’un lieu ou d’une collaboration avec d’autres arts. C’est le cas notamment du tryptique The lights of B. (2004), Struzz (2006) et Perles de Cordes (2007) pour les pièces acousmatiques, avec un travail d’exploration d’une source sonore privilégiée, la guitare électrique, et de mes créations pour la danse avec la danseuse-chorégraphe Fabienne Larroque Une femme normale à en mourir (2009) sur un texte de Jan Fabre, ou Milla Neits e una de mai (2013) d’après les contes des Milles et une Nuits en occitan, arabe et persan. Mon travail dans les arts numériques, en particulier avec les étudiants du Master Création Numérique de l’Université de Toulouse, puis dans le cadre de ma collaboration avec la plasticienne Golnaz Behrouznia, m’a amené à questionner dans mes créations les multiples interactions de notre société contemporaine avec la technologie. C’est plus spécifiquement la dynamique d’hybridation générale entre organique et artificiel, à l’œuvre depuis les années 1990 sous l’impulsion de l’idéologie techno-capitaliste, qui m’interroge sur l’avenir d’une société humaine globalisée (Arrays 2012 performance avec Hervé Birolini ; We Fight 2017 ; Humus 2020), ou sur la problématique de la mémoire dans la société consumériste (la pièce acousmatique Origine Mme D. 2013 ; le parcours sonore interactif Palimpsest 2016 ; les installations sonores interactives in situ Time Leaks – Bellegarde 2017, et Time Leaks – Larrey 2019). Dans cette optique, je travaille sur une écriture générative du son visant à organiser un ensemble de potentiels simultanément accessibles plutôt qu’une narration téléologique au déroulement entièrement déterminé. D’un point de vue plus général, le domaine de la musique n’est pour moi qu’une zone particulière et limitée de la création sonore. Je recherche ainsi une fluidité totale entre les domaines d’expressions à l’intérieur d’une même production. Je n’éprouve pas le besoin d’étendre le champs de la musique à toute construction sonore plus ou moins complexe. D’une certaine manière, la musique aujourd’hui, qu’elle se revendique d’avant-garde ou non, ne peut plus être un art autonome, auto-centré, un langage clos sur lui-même à défaut de finir définitivement dans les institutions musées. Il faut prendre acte des mutations esthétiques, sociales et économiques de nos sociétés modernes et des nouvelles dialectiques qui les traversent, de la sur-consommation prédatrice généralisée à tous les domaines de la vie jusqu’à la dynamique suicidaire du fascisme capitaliste dominant.